A c'qui parait, je suis trop sérieuse, lunatique, pas assez extravertie, souvent mal aimable, très pessimiste, avec trop rarement un sourire aux lèvres, d'une jalousie maladive, égoïste et j'en passe...
Ce refrain, j'l'entends depuis que j'ai prononcé mon 1er mot et que j'ai commencé à forger mon sale caractère, il y a de cela bientôt 17 ans. Dans deux jours plus précisément, en sachant que nous sommes aujourd'hui 22 décembre, donc le 24 décembre. Et oui je sais, quand on entend cette date en général, on en sauterai presque au plafond, les mots « réveillon », « cadeaux », « repas conviviaux », évidemment « Noël » viennent faire naître un sourire aux coin des lèvres. Et bien pour moi non. C'est plutôt le genre : « 1 an de plus dans cet enfer qu'on appelle « vie » », « 1 an de plus durant lequel j'ai du supporter ce groupe d'individu plus communément appelé « ma famille » et depuis quelques années « 1 an de plus sans eux* près de moi ». Eux*, les seules personnes qui connaissent une autre facette de ma personnalité, mon coté plus enjoué, rieur . Les autres personnes ne me connaissent pas sous ce visage mais juste sous un masque servant à couvrir mes émotions, 'faut dire j'les aide pas beaucoup non plus, j'ai appris à ne plus m'attacher, et à ne plus faire confiance pour m'éviter de vivre un 2ème cauchemar qui viendrait s'ajouter au 1er que je subis tous les jours.
Je me retrouve donc en général seule, dans cette immense cour remplie d'inconnus, à faire de longs monologues avec mon I-Pod et ce qu'il contient ; puis une fois rentrée chez moi, je reste enfermée, dans ma chambre la plupart du temps, ne sortant que pour prendre mes repas, me laver, aller au lycée, dans ces moments quotidiens nécessaires je dois aussi affronter les cris de mes parents qui me reprochent sans cesse de ne pas être devenue la personne qu'ils auraient voulu que je sois.
Bien sûr, vous devez vous dire que j'dois me sentir seule, très seule même. Et bien oui mais ce n'est pas ça le plus difficile à vivre puisque c'est moi qui l'ai provoqué...
Depuis quelques années, depuis que j'ai perdu ces personnes, ces personnes si chères à mes yeux, les seules sur qui je pouvais compter, je me suis renfermée sur moi-même, de plus en plus, n'ayant plus personne digne de confiance dans mon entourage. Nous nous sommes enfermées moi et ma souffrance dans une bulle sans que personne ne s'aperçoive de rien ni ne cherche à la crever, pour dire à quel point je suis importante pour les gens censés m'aimer, me protéger, ma famille quoi ! Que je ne sois pas là ferait le même effet... je suis invisible et j'ai perdu les seuls yeux capables de détecter et apprécier ma présence ...
J'en suis même arrivée à oublier mon prénom, faute de l'entendre prononcé...
...Jill...
Comment vivre _survivre ?_ dans ces conditions ?